"Dans un premier temps, j’ai écrit le film. Ensuite, avec mon producteur Sébastien Fechner, on s’est mis d’accord sur le fait qu’il fallait aller chercher un gars du net pour jouer le rôle d’Octave Blin et Norman a été une évidence, mon premier souhait et même mon unique choix. Concernant le rôle de Karine, j’ai rencontré quelques actrices émergentes —quand elles ne refusaient pas carrément de me voir, me posaient des lapins ou se prenaient pour des stars !—, après quoi je me suis dit que ça serait pas mal d’avoir un couple dépareillé. J’ai repensé à CASE DÉPART où Stéfi n’était pas beaucoup présente à l’écran mais où elle m’avait vraiment tapé dans l’œil. Nous nous rencontrons et je découvre une nana super vivante, dynamique, agréable, à des années-lumière de toutes ces prétendues stars. Nous faisons deux bouts d’essai avec elle et, hop, c’est parti... En fait, je leur ai fait jouer des interviews de Jean-Claude Van Damme (rires) !... Ce qui est, comme vous vous en doutez, hyper casse gueule, et ils s’en sont admirablement bien sortis. C’est une bonne façon de révéler un acteur, parce que donner du sens à quelque chose qui n’en a pas (sourire)... Quant à Rufus, j’avais en tête le personnage de Max Von Sydow dans L’EXORCISTE, avec ce visage un peu émacié et puis sa trajectoire, son background, me plaisaient énormément donc ça a été à nouveau une évidence."

[ Maurice Barthélémy a suivi l'enseignement de Michel Mourtherot et de Serge Leroy au sein du Cours Molière. Il a ensuite étudié sous la direction de Raymond Aquaviva, Isabelle Nanty, Maurice Attias, Philippe Chausson, Vincent Rouche… En 1997, il fonde avec quelques camarades la troupe comique "Les Robins des Bois", qui se produit sur scène dans "Robin des Bois d'à peu près Alexandre Dumas". Dominique Farrugia repère la troupe et leur confie l'animation de "La Grosse Emission" sur la chaîne Comédie !, puis leur propose de participer à Nulle Part Ailleurs, sur CANAL+. Dès le début des Robins des Bois, Maurice Barthélémy s'affranchit de la troupe pour faire du cinéma : on l'a vu acteur dans Serial Lover (1997), Trafic d'Influence (1998), Le Petit Poucet (2001), Le Raid (2002) ou Mission Cléopâtre (2002). En 2003, sous la direction d'Alain Chabat, il tourne "RRRrrr !!!" d'après un scénario écrit par "Les robins des bois". Maurice Barthélémy réalise son premier long métrage en 2004, intitulé "Casablanca Driver", qui évoque le plus mauvais boxeur de tous les temps. Son deuxième long métrage, "Papa", sorti en 2005, met en scène Alain Chabat dans une comédie dramatique dont le ton contraste avec "Casablanca Driver". Il signe ensuite "Low Cost", comédie en huis-clos tournée dans un avion. "Pas Très Normales Activités" est son quatrième long métrage. ]

Première : Comment décririez-vous Pas très normales activités?
Norman : C’est une comédie qui détourne les codes des films en found footage comme Le Projet Blair Witch ou Paranormal Activity. On est loin de la parodie, ceci dit, même s’il y a évidemment quelques clins d’œil. C’est un film à voir en mode pop-corn avec les potes. Ça mitraille de la vanne, mais il y a aussi quelques petits moments qui foutent les boules, et qui sont conçus pour. Il faut savoir que j’ai frôlé la crise cardiaque en tournant certaines scènes.
Maurice Barthélémy : Je voulais transposer le concept de Paranormal Activity dans un contexte hyper français, et le décor de la ferme s’est imposé. Ensuite est venue la question du casting : qui, chez nous, était légitime pour apparaître dans un projet comme celui-ci ? J’ai tout de suite pensé à Norman… On était en droit de se demander ce qu’il allait donner hors de sa chambre, sur un plateau avec une équipe, un texte, un personnage qui n’est pas le sien… Mais dès la lecture, on s’est rendus compte que ça fonctionnait à merveille, qu’il assimilait très vite tout ce que je lui demandais. Norman a un niveau de proposition hallucinant. Il essaie des choses en permanence et est super exigeant avec lui-même, passe son temps à se mettre des coups de pied au cul. En plus, il possède un vrai charme à l’image.

Norman, j’ai l’impression que Maurice te laisse une grande latitude pour improviser sur le plateau…
Norman : C’est important qu’on puisse se lâcher. Je n’avais encore jamais tourné de film, donc quand je sors des répliques telles qu’elles sont écrites dans le scénario, on dirait Plus belle la vie… Le fait de pouvoir marmonner des conneries à moi me sert de cache-misère. Ça passe tout de suite mieux.
Maurice : Il interprète un personnage, aucun doute là-dessus, mais ce qui est bien, c’est qu’on retrouve en même temps le Norman qu’on connaît à travers ses vidéos. On n’est pas perdus.

Norman, l’exercice est-il foncièrement différent de tes vidéos ?
Norman : Pas tant que ça, en fait. Il y a plus d’enjeux sur un long métrage, donc je suis peut être plus concentré, mais le processus reste assez similaire.
Maurice : Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il se prépare des feuilles de service quand il tourne chez lui. Il passe se prendre en voiture le matin pour aller sur le plateau, il a une cantine…(rires)
Norman : La grosse différence, c’est d’avoir uniquement à jouer, avec une équipe technique hyper rodée qui prend tout le reste en main. J’étais un peu tendu au début car je me disais que si je tombais malade un jour, j’allais avoir 25 personnes qui me regardent les bras croisés, genre : « Bon, on t’attend… » C’est valable pour tous les acteurs, mais ça m’a stressé. Je dormais mal, il fallait me mettre trois couches de maquillage pour masquer mes cernes quand j’arrivais le matin…

Vraiment ?
Norman : Ok, je romance peut être un peu…

Mathieu Carratier pour Première.

  • « S’il faut peut-être un temps d’adaptation au spectateur pour rentrer dans ce jeu abrupt de la crétinerie lunaire, l’avalanche de bons mots de Norman, toujours prompt à déconner sur tout et à lâcher une armée d’expressions best of sur n’importe quoi, invite au délire collectif. »
    Frédéric Mignard - aVoir-aLire.com
  • « Il faut reconnaître au réalisateur l’élégance d’avoir évité la parodie facile pour tracer sa propre déconne minimaliste et offrir une rampe de lancement en or à Norman Thavaud. Si son premier rôle au cinéma ressemble à celui qu’il rode depuis plusieurs années dans ses vidéos diffusées sur le Net, sa performance shootée à l’impro révèle un tempérament comique et un sens du rythme qui n’en restent pas moins imparables et que l’on a plus l’habitude de voir dans une production Apatow que dans un film français... »
    Mathieu Carratier - Première
  • « Sans avoir vu une seule de ces séries B qui mettent en scène des phénomènes terrifiants captés par des caméras numériques, ni un seul de ces très courts-métrages dans lesquels Norman explore le manque de sens de la vie, on peut prendre un plaisir certain au film de Maurice Barthélémy. (…) L'attention est fixée par ce portrait de jeune couple, plutôt inédit dans le cinéma français. Octave et Karine ne ressemblent ni aux tourtereaux champêtres que l'on peut voir dans les comédies nostalgiques, ni aux bobos agités d'inquiétudes existentielles qui peuplent nombre de premiers films. Lui est une créature de l'âge numérique, qui traite le monde par la dérision, elle, une réaliste sensuelle. Il y a dans ce couple, la possibilité d'autres comédies, et parfois, au gré d'un dialogue, d'une séquence volée en vidéo, cette possibilité prend corps. »
    Thomas Sotinel - Le Monde
  • « Barthélemy parvient à ne pas s'enfermer dans les limites du genre (caméra qui bouge tout le temps, définition limite,...) et impose une narration toujours plaisante au service d'une véritable histoire. Non pas que cette dernière va changer la face du 7ème art mais elle permet amplement à son auteur d'offrir à Norman et à sa partenaire (Stéfi Selma, parfaitement à l'aise dans cet univers masculin) un terrain de jeu propice à d'efficaces envolées comiques sans que l'on assiste, pour autant, à une suite de sketchs. »
    Laurent Pécha - EcranLarge.com
  • « Porté par l’énergie communicative de Norman Thavaud, Maurice Barthélemy se fait plaisir en injectant cet humour absurde qui a fait son succès à l’époque des Robins des Bois. Délirant. »
    Stéphanie Belpêche - Le Journal du Dimanche
  • « Une parodie plutôt rigolote.»
    Cécile Mury - Télérama
  • « A l'arrivée, "Pas très normales activités" fait plus (sou)rire que "Paranormal Activity" fait peur ; c'est aussi ça, l'avantage de parodier un mauvais film. »
    Nicolas Schaller - TéléCinéObs
  • « "Pas très normales activités" n'est pas seulement une parodie française se voulant drôle et légère façon "Scary Movie", l'ancien des Robin des Bois parvenant également à livrer un film générationnel aussi touchant que très ancré dans l'air du temps. »
    Nathalie Dassa - L'Ecran Fantastique

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