« L'idée du film est née d’une discussion avec ma femme. On parlait de l’enfance, de l’importance des rapports affectifs, et de l’avenir d’un enfant selon le milieu social dans lequel il est élevé. Puis m’est venue l’envie de raconter l’histoire d’une petite fille qui aurait la possibilité de changer de milieu social. Cependant, le comportement des adultes qui l’entourent est très vite devenu la base du scénario. L’une des particularités de ce film, c’est sa constante ambiguïté : on connaît peu ses personnages, on ne sait pas exactement ce qu’ils ont derrière la tête, ni quel est leur passé. Je tenais à ce qu’il y ait en eux une part de mystère. Parce qu’il y en a une en chacun de nous. C’est aussi ce qui fait la richesse de l’autre. Et je préfère les découvrir à travers leurs comportements, leurs hésitations, leurs rires et leurs émotions. »

[ Né au Pérou, Manuel Poirier passe son enfance à Paris. Ouvrier, ébéniste, éducateur pour jeunes en difficulté, il multiplie les petits emplois. Cinéaste autodidacte, il réalise plusieurs courts métrages à partir de 1984, dont "La première journée de Nicolas" et "La lettre à Dédé", des portraits de jeunes libérés de prison confrontés aux difficultés de leur réinsertion. En 1992, il réalise son premier long métrage, "La petite amie d'Antonio", avec Sergi Lopez, un acteur catalan fidèle dans sa filmographie. "La petite amie d'Antonio" est remarqué pour son ancrage social et un ton nouveau dans le cinéma français. Ce style se confirme avec "... À la campagne" (1994). Dans "Attention, fragile"(1995), Manuel Poirier dépeint le mal-être d'une jeunesse sans rêves. "Marion" (1996) évoque la complexité des liens familiaux et montre un respect de l'enfant inhabituel au cinéma. "Western" (1997), un road movie tourné en Bretagne, reçoit le prix du jury à Cannes et est plébiscité par le public. En 2000, le réalisateur retrouve Lima pour tourner "Te quiero". Puis, dans le documentaire "De la lumière quand même", il donne la parole aux enfants placés en foyers ou en familles d'accueil.
Les films de Manuel Poirier évoquent souvent la difficulté de vivre, tout en mettant en évidence les plaisirs simples et le bonheur possible. "Les femmes... ou les enfants d'abord...", est une chronique des tourments de la quarantaine. En 2003, "Chemin de traverse" met en scène les relations père/fils. "Le sang des fraises", en 2005, traîte de l'adolescence et du passage. En 2006, "La Maison", évoque la nostalgie et les souvenirs. Et avec "Le café du pont" en 2010, librement inspiré du roman autobiographique de Pierre Perret, Manuel Poirier signe un film volontairement optimiste sur l'enfance. ]

  • « Sans rien dévoiler du passé de ses personnages, Poirier réalise là un film "comportemental", contraire au modèle "psychologiste" du cinéma à la française. Filmé en longs plans-séquences qui cernent les personnages avec justesse, porté par des comédiens exceptionnels, "Marion" est une œuvre rare qui reste en mémoire longtemps après la projection. »
    la rédaction de cinem'arte
  • « Ce film malmène de façon jubilatoire une « évidence » sociologique un peu rapide : les classes sociales auraient disparu... A partir de ce qu'il voit, là où il habite, en Normandie, Manuel Poirier décrit avec une rare justesse un monde rural où la paysannerie est devenue minoritaire et où les citadins, prolétaires ou bourgeois, amènent leur conscience ou leur... inconscience de classe. »
    Vincent Rémi - Télérama
  • « Manuel Poirier a bâti un film exemplaire d'impertinence et de charme, où l'intérêt n'est pas tant à chercher du côté de la résolution apportée à l'histoire que du côté des chemins empruntés pour s'y rendre. »
    Olivier Séguret - Libération
  • « Voici donc Marion, troisième long métrage de Manuel Poirier, une réussite totale dont la douce splendeur doit beaucoup à sa simplicité, à sa lumineuse évidence. »
    les Inrocks

les films de Manuel Poirier sur ce site :

Le café du pont, de Manuel Poirier La maison, de Manuel Poirier Le sang des fraises, de Manuel Poirier Chemins de traverse, de Manuel Poirier Les femmes ou les enfants d'abord, de Manuel Poirier Te quiero, de Manuel Poirier De la lumière quand même, de Manuel Poirier Western, de Manuel Poirier Marion, de Manuel Poirier Attention fragile, de Manuel Poirier … à la campagne, de Manuel Poirier La petite amie d'Antonio, de Manuel Poirier