« Quand j'ai lu le scénario de Catherine Bidaut, j'ai été profondément touché par l'humanité, les sentiments et la justesse des personnages et de l'histoire. J'ai été aussi troublé de sentir cet univers si proche du mien. Au moment où l'on m'a proposé "le Sang des fraises", je m'étais juré de ne plus faire de films sur l'abandon. Mais l'histoire m'a vraiment touché…
Il n'était pas question pour moi de faire un téléfilm formaté, aussi j'ai demandé à France 3 l'autorisation de choisir entièrement mon casting, de tourner en pellicule et de n'ajouter aucun bruitage. J'ai pu aller au bout de ma démarche, sans tricher. Ce qui est formidable, c'est que ce film échappe aux règles de la télévision. »

[ Né au Pérou, Manuel Poirier passe son enfance à Paris. Ouvrier, ébéniste, éducateur pour jeunes en difficulté, il multiplie les petits emplois. Cinéaste autodidacte, il réalise plusieurs courts métrages à partir de 1984, dont "La première journée de Nicolas" et "La lettre à Dédé", des portraits de jeunes libérés de prison confrontés aux difficultés de leur réinsertion. En 1992, il réalise son premier long métrage, "La petite amie d'Antonio", avec Sergi Lopez, un acteur catalan fidèle dans sa filmographie. "La petite amie d'Antonio" est remarqué pour son ancrage social et un ton nouveau dans le cinéma français. Ce style se confirme avec "... À la campagne" (1994). Dans "Attention, fragile"(1995), Manuel Poirier dépeint le mal-être d'une jeunesse sans rêves. "Marion" (1996) évoque la complexité des liens familiaux et montre un respect de l'enfant inhabituel au cinéma. "Western" (1997), un road movie tourné en Bretagne, reçoit le prix du jury à Cannes et est plébiscité par le public. En 2000, le réalisateur retrouve Lima pour tourner "Te quiero". Puis, dans le documentaire "De la lumière quand même", il donne la parole aux enfants placés en foyers ou en familles d'accueil.
Les films de Manuel Poirier évoquent souvent la difficulté de vivre, tout en mettant en évidence les plaisirs simples et le bonheur possible. "Les femmes... ou les enfants d'abord...", est une chronique des tourments de la quarantaine. En 2003, "Chemin de traverse" met en scène les relations père/fils. "Le sang des fraises", en 2005, traîte de l'adolescence et du passage. En 2006, "La Maison", évoque la nostalgie et les souvenirs. Et avec "Le café du pont" en 2010, librement inspiré du roman autobiographique de Pierre Perret, Manuel Poirier signe un film volontairement optimiste sur l'enfance. ]

  • « Manuel Poirier confirme son art de mettre en valeur le non-dit. Il filme les petits riens avec vigilance, de singuliers égards et beaucoup de sobriété. Peu de téléfilmssavent provoquer autant l'imaginaire du téléspectateur avec si peu d'effets apparents. Les interprètes sont peu connus, mais leur jeu est à la mesure d'un ensemble admirable et émouvant. »
    Le Monde
  • « "Le sang des fraises" est un film sur le passage - la plupart des protagonistes sont des adolescents - et sur le bonheur de l'instant. "J'aimerais bien qu'on reste tous ensemble", déclare Colette dans la scène finale. Le film est éclairé de moments suspendus, parfaitement gratuits puisqu'ils ne font pas progresser l'intrigue mais essentiels pour transmettre au téléspectateur la notion de bonheur, sans mièvrerie ni grandiloquence. Il en est ainsi de ces images de Colette, Victor et Violette, écoutant un air de Verdi sur l'autoradio de la camionnette et riant aux éclats sans savoir pourquoi. La sensibilité et la justesse du réalisateur dans la peinture de l'adolescence, loin des clichés habituels des fictions françaises, finissent de faire de ce film une oeuvre enthousiasmante »
    AFP

les films de Manuel Poirier sur ce site :

Le café du pont, de Manuel Poirier La maison, de Manuel Poirier Le sang des fraises, de Manuel Poirier Chemins de traverse, de Manuel Poirier Les femmes ou les enfants d'abord, de Manuel Poirier Te quiero, de Manuel Poirier De la lumière quand même, de Manuel Poirier Western, de Manuel Poirier Marion, de Manuel Poirier Attention fragile, de Manuel Poirier … à la campagne, de Manuel Poirier La petite amie d'Antonio, de Manuel Poirier