« Sur mes films précédents, j'ai plus traité des fragilités, des failles au sein de la famille. Il y avait les notions de chagrin, de douleur, etc. Je suis très sensible au contexte affectif autour des enfants, contexte qui les construit. Mais dans une société de divorcés, j'ai pensé que ça faisait du bien de voir que la notion de famille existe réellement. Ce qui m'a touché dans le livre est cette famille unie malgré les difficultés. Mais la collaboration avec Pierre Perret s'arrête à son approbation du scénario. Je me concentre sur une toute petite partie de son autobiographie : la période entre ses neuf ans et ses onze ans. Du livre, je me suis nourri des sentiments de l'enfance et j'y apporte ma vision.
Nous avons auditionné beaucoup d'enfants du Sud-Ouest. J'ai toujours procédé comme ça. L'identité du film était là, alors je voulais trouver des enfants d'ici. Cécile Rebboah joue la mère de famille. Elle forme un très beau couple avec Bernard Campan. Je choisis autant les personnes pour ce qu'elles peuvent faire en tant que comédiens qu'en fonction de leur personnalité. J'avais croisé Bernard Campan plusieurs fois. Je l'avais trouvé très intéressant, en plus d'être un bon comédien. En père de famille, ça marchait complètement. Quant à Sergi Lopez, il joue un maçon italien. Je n'avais pas écrit le rôle pour lui, mais il avait envie de faire un tour sur le tournage. C'est une longue histoire d'amitié. »

[ Né au Pérou, Manuel Poirier passe son enfance à Paris. Ouvrier, ébéniste, éducateur pour jeunes en difficulté, il multiplie les petits emplois. Cinéaste autodidacte, il réalise plusieurs courts métrages à partir de 1984, dont "La première journée de Nicolas" et "La lettre à Dédé", des portraits de jeunes libérés de prison confrontés aux difficultés de leur réinsertion. En 1992, il réalise son premier long métrage, "La petite amie d'Antonio", avec Sergi Lopez, un acteur catalan fidèle dans sa filmographie. "La petite amie d'Antonio" est remarqué pour son ancrage social et un ton nouveau dans le cinéma français. Ce style se confirme avec "... À la campagne" (1994). Dans "Attention, fragile"(1995), Manuel Poirier dépeint le mal-être d'une jeunesse sans rêves. "Marion" (1996) évoque la complexité des liens familiaux et montre un respect de l'enfant inhabituel au cinéma. "Western" (1997), un road movie tourné en Bretagne, reçoit le prix du jury à Cannes et est plébiscité par le public. En 2000, le réalisateur retrouve Lima pour tourner "Te quiero". Puis, dans le documentaire "De la lumière quand même", il donne la parole aux enfants placés en foyers ou en familles d'accueil.
Les films de Manuel Poirier évoquent souvent la difficulté de vivre, tout en mettant en évidence les plaisirs simples et le bonheur possible. "Les femmes... ou les enfants d'abord...", est une chronique des tourments de la quarantaine. En 2003, "Chemin de traverse" met en scène les relations père/fils. "Le sang des fraises", en 2005, traîte de l'adolescence et du passage. En 2006, "La Maison", évoque la nostalgie et les souvenirs. Et avec "Le café du pont" en 2010, librement inspiré du roman autobiographique de Pierre Perret, Manuel Poirier signe un film volontairement optimiste sur l'enfance. ]

  • « En adaptant très librement l'ouvrage de Pierre Perret où le chanteur évoquait son enfance, Manuel Poirier échappe aux pièges trop évidents (...) Son film, simple et émouvant, n'en est que plus fort. Certes, Le Café du pont n'est pas dépourvu de faiblesses. Le film s'impose néanmoins comme l'une des très bonnes raisons de fréquenter les salles de cinéma cet été... »
    Olivier De Bruyn - Le Point
  • « L'académisme rétro ne manque curieusement pas de charme, déjoué par une distanciation de bon aloi. Pas de sentimentalisme ni de drame, à peine de récit : il s'agit, au sens strict, d'une chronique familiale, qui débute au temps de l'Occupation et se prolonge quelques années après. (...) Des images d'Epinal, indigestes ailleurs, qui passent plutôt bien ici. (...) Poirier retrouve alors la grâce du cinéma amateur, captant un beau moment de présent, et non plus du passé ripoliné. »
    Jacques Morice - Télérama
  • « Une œuvre de paysagiste attentif, qui sait capter le je-ne-sais-quoi et le presque-rien qui font le charme d'un moment, la saveur d'une époque. C'est évidemment très ténu, discret, fragile, un peu mou (...) Mais si l'on accepte les choix stylistiques du réalisateur, on prendra plaisir à observer la vie et l'atmosphère de ce petit coin de France d'autrefois. »
    Marie-Noëlle Tranchant - Le Figaro

les films de Manuel Poirier sur ce site :

Le café du pont, de Manuel Poirier La maison, de Manuel Poirier Le sang des fraises, de Manuel Poirier Chemins de traverse, de Manuel Poirier Les femmes ou les enfants d'abord, de Manuel Poirier Te quiero, de Manuel Poirier De la lumière quand même, de Manuel Poirier Western, de Manuel Poirier Marion, de Manuel Poirier Attention fragile, de Manuel Poirier … à la campagne, de Manuel Poirier La petite amie d'Antonio, de Manuel Poirier