« Je suis portée vers les histoires de coups de cœur qui surgissent aux hasards de la vie et forme des couples improbables. L’amour n’a que faire de la différence. A mes yeux, il y a beaucoup de ressemblances dans la différence ! Tout le monde vit les mêmes préoccupations existentielles. Les gens ont les mêmes sourires, les mêmes peurs et les mêmes doutes, handicap ou pas. »

[ Yolande Moreau débute dans des spectacles pour enfants à Bruxelles. En 1982, elle remporte le Grand Prix au Festival du rire de Rochefort (Belgique), pour son one-woman show Sale affaire, du sexe et du crime. Puis Agnès Varda lui offre ses premiers rôles au cinéma. En 1989, Yolande Moreau rejoint la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, dont elle devient l'un des piliers. En 2004, elle interprète et co-réalise, avec Gilles Porte, Quand la mer monte..., film pour lequel elle se voit décerner le Prix Louis-Delluc du meilleur premier film, puis les Césars de la meilleure première œuvre de fiction et de la meilleure actrice. Son interprétation du rôle principal de Séraphine, de Martin Provost, lui vaut en 2009 le César de la meilleure actrice pour la seconde fois de sa carrière. On la retrouve ensuite à l'affiche de Louise Michel, une comédie sociale et burlesque de Benoît Delépine et Gustave Kervern, puis, en 2010, dans Mammuth, des mêmes réalisateurs. En 2011, le réalisateur Martin Provost lui offre le rôle principal d'Où va la nuit. En 2012, elle passe seule derrière la caméra pour réaliser Henri. ]

  • « (…) ici, la poésie est reine, et les sensibilités, toujours à vif. Hymne à la vie, éloge de la différence et formidable hommage à la beauté des paysages du Nord, son film est un bijou de délicatesse. »
    Marie-Elisabeth Rouchy - Le Nouvel Observateur
  • « C’est un film qui lui ressemble. Plein de cœur, profondément humain, et un peu foutraque. Pour son deuxième film en tant que réalisatrice, Yolande Moreau signe une fable sur la tolérance et l’ouverture aux autres… »
    Barbara Théate - Le Journal du Dimanche
  • « Le deuxième film de la comédienne Yolande Moreau garde le cap de l'incertitude avec un nouveau drôle de tandem, embarqué dans des émotions aussi belles qu'impossibles à nommer. (…) Henri, c'est le Lost in translation des baraques à frites. »
    Frédéric Strauss - Télérama
  • « Le film de Yolande Moreau relève de ces pépites cinématographiques inattendues qui réveillent un peu de notre enfance que l’on croyait perdue. »
    Marie-José Sirach - L'Humanité
  • « (…) son film est d’une immense bonté, discrète sans être moralisante. »
    Pamela Pianezza - Première
  • « Yolande Moreau n’a que faire du social sordide, ce qui l’amuse, c’est de jouer avec nos préjugés pour mettre de l’humanité là où le cinéma trahit trop souvent son obsession pour la dignité. »
    Camille Pollas - Critikat.com
  • « Si Yolande Moreau cueille la poésie des « petites gens », des moments ordinaires dans des lieux ordinaires, elle évite l’écueil de la mièvrerie en montrant aussi l’âpreté de ses personnages. . »
    Corinne Renou-Nativel - La Croix
  • « Il suffit de voir comment Yolande Moreau cadre la déficience de Rosette pour piger qu’une réalisatrice de très grand cœur et de belle intelligence est derrière la caméra. »
    Gérard Lefort - Libération
  • « Fidèle à sa manière singulière, tout en humanisme loufoque et sensibilité aiguë, la cinéaste signe une fiction ­délicate où l’humour et la pudeur châtient la complaisance. »
    Olivier de Bruyn - Les Echos
  • « Ce n'est pas nouveau, Yolande ­Moreau aime ses personnages et a le don de les mettre en valeur. »
    Nathalie Simon- Le Figaro
  • « Après l'émouvant "Quand la mer monte", Yolande Moreau tourne un deuxième film tout aussi sensible, poétique et pudique. (…) Elle excelle à filmer des personnages sortant à peine de l'ordinaire, avec une tendresse infinie pour les "petites gens". »
    D.F. - Le Canard Enchainé
  • « Yolande Moreau affine une veine à la fois naturaliste, poétique, audacieuse, cocasse et mélancolique. Avec une discrète virtuosité d'écriture, portée par une belle précision de mise en scène, elle excelle à mettre en lumière, avec une générosité et une empathie communicatives, ces marginaux du coeur et de la vie. »
    Xavier Leherpeur - Studio Ciné Live
  • « Pour sa deuxième réalisation, Yolande Moreau livre un conte tendrement farfelu... »
    20 Minutes
  • « Yolande Moreau déborde de tendresse pour ses personnages qui sont tous peu ou prou des éclopés du bonheur. »
    Le Parisien
  • « On savait que l’actrice avait un monde en tête, elle en apporte la brillante démonstration une nouvelle fois. Henri fait preuve d’une belle finesse, de sensibilité et d’une véritable poésie. »
    Jean-Christian Hay - Gala
  • « Belle équation que compose Yolande Moreau dans son écriture, constamment soutenue et renouvelée, jusqu’à un final laissé en suspens, dont les dernières minutes ne sont pas les moindres. »
    Jacky Bornet - Culturebox
  • « Henri est un film du quotidien ordinaire, touchant comme Yolande Moreau sait le faire. Elle explore les fêlures de l'humain sans tomber dans le pathos, sans juger. »
    Arnaud Racapé - France Info
  • « Yolande s’en revient veiller de nouvelles solitudes, livrant un film plus cru, plus visuel, taiseux, plus âpre que le précédent, tiraillé entre l’humour décalé et l’émotion écorchée, dénué de joliesses et de sensiblerie. »
    PHL - La Voix du Nord


Projection du second film de Yolande Moreau, "Henri", en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs.


Quelle a été votre réaction en apprenant cette sélection ?
Y. M. : J’étais sur un petit nuage, très heureuse. C’est une belle exposition. Comme je ne suis pas en compétition, ce n’est que du bonheur. La réaction de la salle sera très importante. Mais je ne suis pas stressée, juste excitée.

Surprise ?
On espère toujours être sélectionné au fond de soi. Je suis contente de mon film; donc, je me sens assez sereine. Quand on le fabrique, le doute est toujours présent. Mais ici, je sais que j’ai fait le film que j’avais envie de réaliser.

C’est une histoire d’amour inhabituelle…
Je préfère parler de l’histoire de deux solitudes que d’une histoire d’amour. Ce sont deux personnes qui n’ont pas les clés de la vie sociale. Elle est handicapée mentale légère, lui est légèrement alcoolo et un peu résigné, éteint. C’est elle qui va réveiller quelque chose en lui.

A-t-on jamais les clés de la vie ?
C’est une bonne observation ! On peut tous s’identifier à ces personnages : il nous manque à chacun des clés.

Mais la réalisatrice doit les avoir !
Eh non, je ne les ai pas non plus. Je fais ce que je peux. C’est la première fois que j’étais seule à la réalisation; donc, c’était très écrit. Mais l’ambiance était détendue. De l’ordre de la fabrication, du bricolage.

Quel a été l’élément fondateur d’Henri ?
Pendant le tournage de "Quand la mer monte" , en 2004, j’avais vu des colombophiles dans le Nord, et cela m’avait interpellée. A l’époque, j’écoutais en boucle "Innocent When You Dream" de Tom Waits et les deux ensemble m’ont inspiré l’histoire. A l’origine, je comptais incarner Rosette, mais je trouvais que je n’avais plus l’âge. L’écriture a commencé en 2005 : c’est un travail de fourmi. Par à-coups, naturellement.

On entendra la musique de Tom Waits dans votre film ?
Non. C’est triste : on a essayé, elle colle parfaitement à l’ambiance, mais cela ne s’est pas fait. Cela dit, la musique originale est très bonne.

Sur base de quels critères avez-vous choisi vos comédiens ?
Pippo Delbono est très connu en Italie, dans le milieu théâtral. Martin Provost m’avait parlé de lui, et nous avons tout de suite sympathisé. Il collait bien au personnage, et je l’ai engagé. Sinon, j’avais aussi pensé à Josse De Pauw, un comédien belge épatant, mais peut-être un peu trop âgé pour le rôle. Miss Ming, elle, je l’ai rencontrée sur le tournage de "Louise-Michel". On n’a pas tourné ensemble, mais j’ai vu la scène où elle incarne une fille qui a le cancer et accepte de tuer un patron. Je la trouvais formidable. Dans "Mammuth" aussi, elle avait une très forte présence. Ils sont formidables tous les deux.

Patrick Laurent pour La Libre Belgique