« J’aime bien le principe des coïncidences. Tout dépend toujours de la manière dont on regarde la vie. La vie est plutôt rigolote, elle est même étonnante. On a beau prévoir ou planifier notre existence, il nous arrive toujours quelque chose d’autre qui interfère dans notre vie, quelque chose qui peut être parfois de l’ordre de la coïncidence ou de l’absurde. Très précisément, et au-delà de tout ce qui est coïncidence, j’avais envie qu’il y ait dans chacune de ces trois histoires un fait, un élément tangible et révélateur de l’identité et de la problématique du moment de chaque personnage. Dans la première histoire, par exemple, c’est un sac-poubelle dont Paul, François Berléand, ne parvient pas à se débarrasser. À un moment donné, il dit même que c’est l’histoire de sa vie. Tous les ennuis qu’il a pu accumuler en lui et qui lui pèsent à ce moment-là sont symbolisés par ce sac-poubelle. Dans la deuxième histoire, c’est un chien jaune qui se prend d’affection pour un des héros. Et ce qui est intéressant avec un chien, c’est que ça ne demande rien. Si un chien a décidé de vous aimer, il vous aime. Or, il se trouve que le personnage refuse cela, c’est un être qui a décidé de vivre a minima, de se préserver de tout, y compris de la moindre émotion. L’irruption de ce chien dans sa vie, de cet animal qui a besoin de lui, qui lui exprime toute sa gratitude, vient le perturber. Dans la troisième histoire, l’élément révélateur est un bébé. Lui non plus n’a rien demandé, il est là dans les bras de sa grand-mère qui a déjà tellement eu de mal à être mère... Tous ces éléments servent de révélateurs et deviennent salvateurs pour mes personnages, et parfois sans qu’ils en soient conscients. Enfin, je voulais établir dans chacune de mes trois histoires une sorte de parallélisme de la maladresse. C’est pour cette raison que tous mes personnages se cassent physiquement la gueule à un moment donné. Quand on se sent tout à coup en désaccord, en disharmonie avec le monde, on le sent très fortement, et souvent cela s’accompagne physiquement. Fragile(s) est une comédie dramatique. Surtout pas un drame. Je pense que mon film est d’ailleurs fondamentalement optimiste. J’aimerais que les gens sortent des salles en disant : c’est vrai, on a tous nos problèmes, mais faisons avec, et essayons de nous en sortir au mieux. »

[ Martin Valente se passionne très tôt pour le monde du 7e art. Héritier d'une certaine tradition du cinéma français comportant des scènes très dialoguées, il s'essaye d'abord aux courts métrages. En 1998, il réalise 'Echecs et plonge', interprété par Lorant Deutsch, et en 2000, 'La Déclaration', avec Blanche de St-Phalle. Il rencontre un premier succès avec le court métrage 'Ta soeur', qui est présenté dans de nombreux festivals, et sera récompensé au Festival d'humour de Meudon par le prix TPS et le prix d'interprétation pour Lorant Deutsch. En 2003 il tourne son premier long métrage, 'Les Amateurs', qui s'inspire du scénario de 'Ta soeur'. Il signe ensuite 'Fragile(s)', en 2007, puis 'Un jour mon père viendra' en 2010, où il retrouve pour la troisième fois François Berléand, aux côtés de Gérard Jugnot et Olivia Ruiz… ]

  • « "Fragile(s)" est seulement son deuxième film, et déjà Martin Valente étonne par ses talents d’équilibriste du 7e art. Des histoires qui se croisent, des rencontres improbables entre France et Portugal, "Fragile(s)" est un miroir que l’on regarde avec ses questions et dans lequel se reflètent des réponses. »
    Mathieu Menossi - Evene
  • « Ce film nous dit que nous avons bien le droit de lâcher parfois ce terrible navire lié au "marché" et à la compétition, pour vivre pleinement ces moments rares, terriblement humains que sont les tempêtes de nos vies et que nous devons coûte que coûte parfois traverser. »
    Arno Gaillard - Pariscope
  • « En suivant un pharmacien, une jeune héroïnomane, un flic, une jeune fille paumée, un réalisateur, une mamie mal dans sa peau, on partage des bouts de vie. Et ça marche puisqu’on regarde ce film choral entre rires et larmes. »
    Claire Fortier-Durand - Première
  • « Ces acteurs, tous bons, justes, construisent le film autour de leurs personnalités et des spécificités de leurs rôles même s’ils ont l’allure du sur mesure. Ils font ce qu’il faut et parviennent plus d’une fois à sortir de leur caricature. Darroussin ne bougonne pas tout du long et Berléand n’a pas l’air de bout en bout fatigué. Face aux acteurs, Martin Valente travaille lui aussi très bien. Son scénario part d’un éclatement pour recoller petit à petit les pièces du puzzle et ses fragments sont cohérents. »
    Camille Pollas - Critikat.com
  • « A mesure qu’ils livrent leurs secrets, les personnages du pharmacien à la blessure secrète (Darroussin) et de la jeune mère héroïnomane (touchante Marie Gillain) prennent corps au cours d’un tête-à-tête nocturne, et leur improbable tandem fait surgir un peu de grâce et d’émotion dans ce film impressionniste. »
    Juliette Bénabent - Télérama

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