« Au Commencement, il y avait de la magie dans le monde. Il y avait la magie du jour et de la nuit, du printemps et de l'hiver, des bourgeons s'épanouissant en fleurs, des grains dont les tiges vertes perçaient la terre, des rivières coulant vers la mer. Il y avait la magie des orages et des nuages et des marées, qui obéissaient à des dieux inconnus. Il y avait la magie de la naissance et de la vie, et l'inquiétante, impénétrable magie de la mort. Pour les humains descendus des arbres des premiers âges pour se tapir dans des cavernes, tout était magie. Il y avait une part de bonne magie blanche, mais surtout de la mauvaise magie noire. Le vent portait les voix d'esprits malins, les démons parcouraient les collines jusqu'à l'aube, la nuit on entendait les gémissements des fantômes sortis de leurs tombeaux. Aussi ces premiers hommes s'adressaient aux sorciers, qui opposaient des charmes et des incantations magiques à leur terreur de la mort et de l'obscurité, du tonnerre et des éclairs, du sang et de la destruction. Ces sorciers fabriquaient des talismans pour apaiser les dieux inconnus, afin qu'un trop lourd fardeau ne soit imposé à la tribu. Cela était au Commencement… »

John Northern Hilliard, magicien et poète
Préface à son livre « Tours de cartes modernes »
Payot, 1978